Mercredi 9 août 2006
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Edward Marston – Le mauvais génie.
Une série « grands détectives » très réussie. Edward Marston, met en scène (également au
sens propre) des intrigues policières au temps du règne Elisabeth Ire. Les enquêtes sont menées par le régisseur d’une troupe de théâtre. Bref, imaginez le mélange Columbo &
Shakespeare in Love. Avec des dialogues savoureux et désopilants, notamment lorsque les acteurs de cette compagnie se querellent entre eux, ce qui arrive très régulièrement et même
plusieurs fois dans chaque histoire.
Extrait :
Une flamme dangereuse s’alluma dans les yeux de Margery.
— Nick vaut bien n’importe quel membre de la troupe. Et même davantage que certaine personne de ma connaissance, qui tient une place
infiniment plus basse dans mon estime, ajouta-t-elle en lui lançant un regard lourd de sous-entendus. Je ne tolèrerai aucune réflexion malveillante contre lui. Il est grand temps qu’il soit
apprécié à sa juste valeur.
Gill retroussa une lèvre dédaigneuse.
— Oh, certes, certes ! Nous en avons pris la mesure cet après-midi.
— Qu’insinuez-vous ? interrogea Firethorn.
— Votre précieux Nicolas Bracewell est enfin apparu sous son vrai jour. Il n’est pas le parangon de vertu que vous imaginez, Lawrence,
affirma Gill, s’échauffant un peu. Non seulement il nous a laissé choir en une heure de détresse, mais il a perpétré un assaut odieux contre ma personne.
— Je gage que ce fut avec une bonne raison.
— Il m’a agressé, Lawrence !
— J’ai moi-même souvent éprouvé ce désir.
— Il a posé la main sur moi avec violence.
— Comme je l’envie !
— Notre régisseur s’est transformé en chien enragé.
— Impossible ! répliqua Marghery. Nick est doux comme un agneau.
— On ne vous demande pas votre avis, dit Gill d’un ton cassant.
— On vous l’offre à titre gracieux.
— Veuillez rester à l’écart de cette discussion.
— Laissez mon épouse tranquille, monsieur ! ordonna Firethorn.
— Alors demandez-lui de se retirer.
— Voulez-vous qu’on vous agresse à nouveau ? menaça-t-elle.
— Cessez, femme ! Vous n’êtes pas au nombre des partenaires de cette compagnie.
— j’en suis moi ! dit Firethorn (…)
En chemise de nuit, il avança sur Gill, qui se mit à trembler.
— Vous avez calomnié Nick Bracewell, insulté ma tendre épouse et contesté mon rôle de directeur de troupe. Le fouet serait un
châtiment trop doux pour ces transgressions. La mutilation serait trop clémente. Vous méritez d’être traîné par les rues sur la charrette des condamnés, puis de rester au pilori pendant quinze
jours !
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