Vendredi 13 janvier 2006
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20:57
Tout le monde veut savoir, ce qui est un peu normal vu le bâtage médiatique, la réclame, le buzz savamment entretenu et orchestré depuis quelques mois. Etait-ce un bon concert ? Je vais pas répondre tout de suite. d'abord quelques impressions.
Vendredi 13 donc. Bercy. froid. c'est la première impression, elle ne nous lâchera pas. Il y a déjà du peuple : une longue procession figée fait le tour du palais omnisport, avec des méandres engourdis. Véro et Manu en profite pour dîner au bistro romain (bondé ; bonne opération pour eux malgré un verre cassé). et nous 4 (Jrom, Peg, Xav et moi), après un petit tour dans un quartier que l'hiver rend désagréable, rapide afin de ne pas geler sur place, prenons stoïquement notre place dans la file. La porte 27 semble loin. Nous attendons transis... C'est l'âge de glace, le mammouth en moins. On note au passage une grande concentration de rousses (bonne opération pour les colorants capillaires). La chenille qui démarre enfin, sans heurt.
La fin de la file est assez sordide, on marche dans les détritus de ceux qui ont campés ici (bonne opération pour les fabriquants de couvertures de survie). Le fils caché, mais pas souriant, de Laurence "Maillon Faible" Boccolini nous abboie dessus avec son mégaphone. sympa l'accueil. Finalement on entre.
C'est la fosse (je vous épargne ici le jeu de mot de Xav), et effectivement la scène est vaste avec un podium - ilôt au milieu. Une porte colossale dissimule les éléments du spectacle. La fosse est déjà bien pleine quand les deux retardataires nous rejoignent, nous restons en arrière et nous attendons... attendons... attendons... Un écran se déroule sur la porte cyclopéenne. Un petit mot de Mylène qui nous offre un petit cadeau (enthousiasme de la foule là : oh c'est gentil, fallait pas !). Un court métrage. Très joli visuellement... mais surtout très tordu. Un esthétisme coloré, un déluge d'aquarelle sur... Hiroshima, ses morts, ses corps distordus etc. ça plombe bien l'ambiance. Beau certes mais vraiment, vraiment pas adapté. Ok c'est son univers mais quand même. La fin du court métrage est encore plus applaudi que son début.
Et l'attente reprend... c'est long... long.... de la musique derrière la porte, genre Gladiator, on frémit, ça commence peut-être, oui, non, je sais pas, ah si, euh, mais non... un quart d'heure, vingt finalement trente minutes. Le public s'impatiente, murmure, s'inquiète, redoute, crie, gesticule. Perplexité, on se regarde... la musique s'est arrêtée, a repris, s'arrête de nouveau.
Puis c'est le noir (gros soulagements divers à cet instant), on remarque quelques petites lumières au plafond, quelque chose de déplace, une sorte de boîte, non un caisson.
Voilà elle fait son entrée. Genre Liloo avec des danseurs en moines. Le 5e élément remixé rivières pourpres. Kitsch donc...
Le spectacle va alterner les morceaux classiques (dans des arrangements très convenus) avec les ratés du dernier album. Peu de chorégraphie (est-ce l'âge ?). au niveau vocal, pas de grandes performances évidemment ; je sais, c'est pas sa spécialité non plus mais quand même. La première chanson (peut-être toi) laisse craindre le pire : pas de voix et le peu qu'on entend est rauque et faux. Heureusement ça va mieux après (magie... de la technologie). La technique cafouille. Le micro ne marche pas toujours super bien et on aura droit à plusieurs version instrumentale de certains titres. La karaoké géant à Bercy, c'était pas non plus une bonne idée.
Je ne rentre pas dans ce show. A côté de moi, j'assiste aux tentatives des mecs de la sécurité pour éradiquer toute vélléités d'enregistrement vidéo pirate du concert... puis ce sont les brancardiers qui s'activent... C'est dingue le nombre de jeunes filles qui se pâment en deux heures. Comme le fait remarquer Xav, heureusement ce sont toutes des anoréxiques. Evidemment ça ne serait pas la même chose au concert de Chimène Badi...
Le décor est assez laid sauf si on aime les pyramides aztèques. quelques tentures victoriennes ou des lasers viennent l'agrémenter de temps en temps.
Une bonne idée quand même : Mylène vient pousser quelques complaintes sur la petite scène centrale pour donner quelques titres en acoustiques. Pas original mais bienvenu. Du coup, la star est à la portée de son cher public qu'elle est excessivement heureuse de revoir. Incroyable de voir ces champs de téléphones portables s'allumer simultanément.
Les titres défilent plus ou moins réussis. Porno-graphie est prolongé d'une danse espagnole. Une FBI de plus (Fausse bonne idée). 5 minutes de talons ça gave. Pour les mots, Seal remplacé par le batteur (genre Monsieur Propre) pas idéal pour inspirer le glamour. et Mylène qui se trompe dans "déshabillez-moi" et nous gratifie enfin d'un petit moment d'humanité au passage. :-)
Bref, c'était quand même un peu mou du genou, bizarrement ça manquait d'ampleur. Bref aussi décevant que le dernier album ; sans réelle surprise.
Je sauvrais tout de même la dernière chanson : le mur d'eau gigantesque et surtout le final, cette montée des marches comme une NDE (near death experience), elle a mis en scène sa propre fin artistique et ça c'était touchant.
C'est écrit